
Un esprit cynique pensera certainement à se faire du fric avec des tshirt « I Survive Winter 2009-10 ». Cernés de toutes part par les morts, des plus prévisibles aux plus absurdes. Celle de Jay Reatard me touche plus en particulier.
Incongrue. Jay Reatard avait 29 ans, ne présentait a priori que de vagues symptômes grippaux, s’était rangé des psychotrope depuis un petit bout de temps si l’on en croit ce qu’il racontait il y a un peu plus d’un an à Alexis Ferenczi pour Voxpop.
Passé une enfance semble t-il difficile, Jay, mon ainé d’un an est tombé dans le punk à l’adolescence. Je ne vais pas tout reprendre, il explique ça très bien lui-même dans l’interview linké ci-dessus, ou dans celle, encore plus récente qu’il a accordé à Eldorado au mois de novembre. Ou encore dans la vidéo posée plus bas.
Moi je ne l’ai rencontré que tard. Je n’ai pas connu ses dizaines de groupes de punk cradingue qu’il a accumulé avant de signer chez Matador et de produire l’excellent Blood Vision, puis la compilation de singles, et enfin, cet été, le chef d’œuvre : Watch Me Fall. Ce disque, je l’ai reçu à la fin du mois de juin, et il m’a accompagné tout l’été. J’y ai trouvé la succession la plus franche et directe de Buzzcocks, de Pixies, de Nerves… et de tout ce que le teenage-rock braillard a pu produire de plus mélodiquement sensible. A force d’acharnement, ma rédaction m’a concédé quelques lignes pour en parler. Mon obsession n’a pas cessé pour autant, puisque ce disque, j’ai fini par le citer dans mon top 5 de l’année 2009. Les avis divergent et beaucoup pensent que Blood Vision était de meilleure facture, parce qu’empreint de plus de crasse punk. Moi pas. Et c’est étonnant, parce que d’habitude, je ne vois pas d’un bon œil les anciens punks tourner pop-songwriter. Mais pas Jay, parce que nettoyer ses chansons a permis de les mettre en valeur, et tout le talent de Jay pouvait éclater.
Absurde. Jay était encore en promo pour cet album. Comme en atteste ce mini-documentaire :