
Dés Janvier, c’est Vampire Weekend. Je les découvre quand le site du Village Voice en poste 2 ou 3 extraits sur le jukebox. Personne n’en a encore parlé, mais il me parait évident que ce truc sera la bande originale officielle du printemps. Si j’avais eu ce site, j’aurais écris un petit quelque chose pour présenter cette découverte, mais c’était moins facile à l’époque. j’attends donc qu’Amazon daigne me faire parvenir la galette, ce qui pris à peu prés un mois. Entre temps, les Inrocks, Telerama, Libé… tous les canards français s’en sont entiché, et n’hésite pas à les comparer à Talking Heads et/ou Paul Simon.
Quand l’album arrive, je suis un peu froissé de ne point être le découvreur français de Vampire Weekend. De plus, le disque est finalement assez décevant. La world-pop sautillante des gentils New-yorkais tourne un peu à la formule sur la durée de l’album. On décroche assez vite. Cependant, le potentiel est réel, les mélodies sont belles, les compos bien foutues. Alors, oui, espoir, incontestablement. On attend juste que les garçons se décident à épicer un peu plus la sauce.
Et puis le printemps n’arrive pas, mais en février, c’est Juno. Et sur cette B.O. où se croisent monstres sacrés, gloires undergrounds et jeunes talents, se trouvent une bande de gamins. Ils s’appellent Antsy Pants sur le disque, et s’occupent principalement d’accompagner Kimya Dawson. Antsy pour Annecy. Putain, le choc, ces gamins sont des français. Des copains et des frères, entre 15 et quelque chose comme 22 ans pour les extrêmes, élevés à l’antifolk ricain par le bon gout d’un programmateur de salles fan de Jeffrey Lewis et des Moldy Peaches.
Alors entre temps, il se rebaptisent Coming Soon et sortent en début d’année New Grids. Un disque frais, qui souffrent d’attendrissante maladresse, mais s’avère être un objet tout à fait cohérent, et sympa comme tout à écouter. Du talent, il y en a, la maitrise viendra. On attends le premier album solo d’Howard Hugues, un de ses membres, à sortir au premier semestre sur leur label Kitchen.
Peu de nouveauté au printemps, plutôt pas mal de mauvaises surprises. Idem en été. Mais à l’automne, une lumière. Quoi que ce soit un nouveau groupe, il est difficile de qualifier The Jim Jones Revue d’espoir 2008. Comme je l’ai déjà écris, le bonhomme traine sa voix éraillée et sa six-cordes dans le rock’n’roll depuis 20 ans. Pourtant, la Revue est incontestablement une bonne surprise, et malgré tout une nouveauté de 2008. Dont on attends la venue en France et la suite des aventures avec impatience.
Le champion du désespoir 2008 est, pour la deuxième année consécutive Billy Corgan. En 2007, il a osé reprendre l’appellation Smashing Pumpkins pour sortir un album de metal rance, Zeitgeist, et faire une poignée de date, dont la miteuse de la route du rock. Le disque n’a pas marché, le public l’a lâché, mais le gars s’acharne. Il a voulu fêter cette année les 20 ans du groupe, et s’est retrouvé à insulter un fan sur scène.
Ironie du sort, 2008 était aussi l’année des 15 ans de Siamese Dream, que Corgan a essayé de célébrer avec quelques vidéos inédites de l’enregistrement. Tout en déclarant ailleurs qu’il en avait plein le cul qu’on lui réclame Today ou Disarm en concert. Et tout ça alors que les protagonistes d’alors se déchirent pour des royalties de l’age d’or (propre et figuré) du groupe. Désespérant…
Pour le reste, il s’agit plus de plus ou moins grosses déceptions que de désespérance. Le retour des Breeders s’est avéré un flop. Gargarisée comme son meilleur ennemi Black Francis par l’accueil reçu par les Pixies réunis en 2005, Kim Deal a elle aussi tenté de transformé l’essai. En vain, Mountain Battle est un album qui ne décolle jamais. Sans intérêts.
Et en France, Rockin’ Squat nous aura fait patienter 100 ans pour accoucher d’une banane, Confession d’un enfant du siècle ne mérite pas plus d’une écoute, Teusqua ne sait plus ni écrire, ni rapper, un opus sans finesse ou même l’engagement semble désuet. Dommage. EXPerience se perd dans des constructions de chansons incompréhensibles et dans une écriture ballourde, malgré le bon disque de reprises sorti en 2005. Psykick Lyrikah s’égare dans un No Man’s Land entre abstract Hip-hop et rock français (rien que le mot fait peur…) dans Vu d’Ici. Toute l’originalité et la poésie noire du premier album et des productions parallèles s’est évaporée. Reste le coté gnan-gnan et pleurnichard de Acte.
